jeudi 12 mai 2011

Interview de Florent Montillot dans "Valeurs actuelles"

Sécurité, enquête sur les recettes qui marchent


"Les faits divers se succèdent, donnent le sentiment d’être de plus en plus brutaux, quand un policier est entre la vie et la mort pour avoir reçu un pavé sur la tête, lancé d’un immeuble, ou quand un jeune de vingt ans, est assassiné chez lui sous les yeux de ses parents, comme le mois dernier à Villepinte (Seine-Saint-Denis).
Les quartiers sensibles restent des zones de non droit, où la police ne peut plus intervenir qu’en force…quand elle intervient. Même quand le ministère de l’Intérieur tente de mettre en avant des chiffres faisant état d’une baisse de la délinquance, le sentiment d’insécurité continue de prévaloir chez les Français. Signe révélateur : la cote de popularité de Claude Guéant, le ministre de l’Intérieur, est au plus bas malgré sa surexposition médiatique : seuls 7% des Français souhaitent lui voir jouer un rôle important à l’avenir, dans le baromètre TNS SOFRES du mois de mai paru dans le Figaro magazine, en baisse de deux points par rapport au mois dernier. Le retour de la sécurité et la paix dans les banlieues promis pendant la campagne présidentielle de 2007 par Nicolas Sarkozy n’est pas au rendez-vous. Au milieu de ce pessimisme général, une grande ville française, Orléans, affiche des résultats spectaculaires. Depuis dix ans, la baisse de la délinquance y est constante. Elle a chuté de 73% ! En 2001, la ville avait enregistré 1359 cambriolages. Ils étaient passés à 569 en 2010. Idem pour les vols avec violence passés de 408 à 351 sur les mêmes périodes, pour les vols de voiture : 1260 à 273, les destructions et dégradations : 2142 à 719, les vols à la roulotte : 2917 à 1000… Les atteintes aux personnes, point noir de la sécurité en France, en augmentation de 26% depuis 2001, sont restées stables à Orléans : +1%. Grâce à la vidéo protection, la chute spectaculaire des dégradations sur les bâtiments publics a permis à la ville des économies considérables : elles généraient un à deux millions de dépenses au début des années 2000, plus rien aujourd’hui. Conséquence, une baisse considérable du coût des assurances des bâtiments, passé de 800 000 euros en 2001 à 50 000 euros aujourd’hui.
Si la criminalité était restée au même niveau qu’en 2001, il y aurait eu 33250 victimes supplémentaires de crimes et délits. Des résultats à faire pâlir d’envie n’importe quel ministre de l’Intérieur. Quel est le secret d’Orléans ? Une nouvelle municipalité, élue en 2001 qui a fait de la sécurité une priorité… Florent Montillot, le maire adjoint Nouveau centre en charge du dossier, a entièrement réorganisé le travail de la police municipale, en s’inspirant des méthodes les plus efficaces mises en place dans les pays étrangers (Canada, Etats-Unis…). Quand Claude Guéant a annoncé, le mois dernier, la création d’unités de patrouilleurs dans les quartiers, qui se déplaceront par groupes de deux, la gauche a ironisé. Les socialistes ont souligné que cela ressemblait fort à la police de proximité du gouvernement Jospin entre 1997 et 2002. Erreur. C’est de l’organisation de la police municipale d’Orléans que le ministre de l’Intérieur s’est inspiré. Entretien avec Florent Montillot, qui explique comment la ville a obtenu des résultats si spectaculaires. "

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